Étudiante en formations relations presse prenant des notes lors d'un atelier professionnel en communication

Se former aux relations presse : parcours, diplômes et débouchés

Attaché de presse, chargé de communication, directeur de la communication — derrière ces intitulés se cache un même socle : savoir construire une relation durable avec les journalistes, gérer une crise médiatique et rédiger un communiqué qui sera lu. Autant de compétences qui s’acquièrent, mais pas au hasard. Le marché des formations aux relations presse est dense, parfois opaque, et le choix du bon cursus conditionne souvent la suite d’une carrière.

Que vous soyez étudiant, salarié en reconversion ou indépendant qui veut muscler son profil, les options ne manquent pas. Encore faut-il savoir lesquelles valent vraiment le coup.

Les formations initiales pour entrer dans le métier

Du bachelor au master : quel niveau viser ?

Les relations presse s’enseignent à partir de bac+3, le plus souvent dans le cadre d’une licence professionnelle en communication ou d’un bachelor spécialisé. Mais le vrai vivier de recrutement reste le niveau bac+5. Un master en communication des organisations ou en journalisme avec option communication est aujourd’hui le sésame le plus reconnu par les agences RP et les services communication des grandes entreprises.

Quelques repères concrets :

  • Le master Communication et médias de Sciences Po Paris forme une part importante des directeurs de communication en poste dans les grands groupes français.
  • Celsa (Sorbonne) propose un master Médias, industries culturelles et usages numériques très prisé dans le secteur.
  • L’EFAP ou l’ISCOM offrent des bachelors et mastères accessibles après un bac, avec une pédagogie plus opérationnelle.
  • L’IUT Carrières sociales (option Information-Communication) reste une voie solide à bac+2 pour un premier poste.

Le niveau visé dépend du poste ciblé. Pour devenir chargé de projet RP en agence, un bachelor suffit souvent à l’entrée. Pour viser un poste de directeur de la communication côté annonceur, le master est quasi systématiquement exigé.

L’alternance : apprendre sur le terrain

L’alternance a transformé l’accès aux métiers de la communication. En 2023, plus de 40 % des étudiants en master communication étaient en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. Et pour cause : les agences RP adorent les profils déjà rodés au terrain, capables de rédiger un dossier de presse sans qu’on leur tienne la main.

Un an passé en alternance dans une agence — même petite — vaut souvent plus qu’un stage de six mois dans un grand groupe où l’on répond aux e-mails du stagiaire précédent. L’apprentissage force à gérer de vraies situations : un journaliste qui rappelle à la dernière minute, un client mécontent de sa couverture médiatique, un angle à retravailler en urgence.

Les formations continues pour les professionnels

Courtes ou certifiantes : lesquelles ont de la valeur ?

Le marché des formations courtes aux relations presse est saturé. Deux jours sur « les bases du communiqué de presse » à 1 500 euros HT — on en trouve à la pelle. Le problème : beaucoup n’apportent rien de concret à quelqu’un qui travaille déjà dans le secteur.

Les formations qui ont réellement de la valeur sont celles qui débouchent sur une certification reconnue par France Compétences ou qui s’inscrivent dans un parcours diplômant. Parmi les formats utiles :

  • Les certificats de compétences professionnelles (CCP) en communication, portés par l’AFPA ou des organismes certifiés Qualiopi.
  • Les formations longues (de 3 à 12 mois) délivrées par des écoles comme l’CFPJ ou l’EFJ, orientées pratique journalistique et RP.
  • Les MOOCs certifiants proposés par des universités (Coursera, FUN MOOC) sur la communication de crise ou les médias numériques — utiles en complément, pas en remplacement.

Un bon indicateur : demandez toujours si la formation est éligible au CPF. Si ce n’est pas le cas et qu’elle coûte plus de 800 euros, posez des questions.

Financer sa formation avec le CPF

Le Compte Personnel de Formation permet de financer des formations aux relations presse à condition qu’elles soient référencées sur Mon Compte Formation. La recherche s’effectue directement sur le site officiel moncompteformation.gouv.fr — tapez « relations presse » ou « attaché de presse » dans le moteur de recherche.

Les résultats varient selon les régions et les organismes référencés. On trouve généralement :

  • Des formations certifiantes en communication d’entreprise (bac+2 à bac+3).
  • Des blocs de compétences isolés sur la rédaction de contenus presse ou la gestion des médias sociaux.
  • Des préparations à des titres professionnels de niveau 5 ou 6 (équivalents BTS ou licence).

Un salarié accumule en moyenne 500 euros par an sur son CPF (800 euros pour les peu qualifiés). Pour une formation longue, le cofinancement via l’OPCO (opérateur de compétences) de l’employeur est souvent nécessaire.

La VAE : valider une expérience sans retourner sur les bancs

À qui s’adresse vraiment la validation des acquis ?

La Validation des Acquis de l’Expérience intéresse les professionnels qui exercent les relations presse depuis plusieurs années sans diplôme officiel correspondant à leur niveau réel. Un attaché de presse free-lance avec dix ans d’expérience et un carnet de contacts solide peut ainsi viser un bachelor ou un master, sans suivre une formation complète.

La VAE exige au minimum trois ans d’expérience professionnelle en lien avec la certification visée. Le dossier est long à construire (comptez quatre à six mois de travail sérieux), mais le résultat — un diplôme reconnu par l’État — change concrètement le rapport employeurs/client.

Les étapes concrètes d’une VAE en communication

  1. Identifier la certification cible sur le Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP).
  2. Contacter l’établissement certificateur pour un entretien de recevabilité.
  3. Constituer le dossier de preuves (missions réalisées, résultats obtenus, livrables produits).
  4. Passer devant un jury composé de professionnels et d’enseignants.
  5. Obtenir une validation totale, partielle, ou une liste de modules complémentaires à suivre.

Pour les métiers des relations presse, les certifications RNCP les plus souvent visées en VAE sont les titres de Chargé de communication (niveau 6) et de Responsable de la communication (niveau 7). L’accompagnement par un conseiller en évolution professionnelle (CEP) — gratuit via l’Apec ou France Travail — fait gagner un temps considérable sur la constitution du dossier.

Comment choisir sa formation selon son profil

Les questions à poser avant de s’inscrire

Avant de signer quoi que ce soit, trois vérifications s’imposent. La formation est-elle certifiée Qualiopi ? Si non, elle ne peut pas être financée par le CPF ni par un OPCO. L’organisme a-t-il un taux de placement à l’emploi publié et vérifiable ? Un taux inférieur à 60 % six mois après la fin de la formation doit alerter. Et les intervenants sont-ils des professionnels en activité — pas uniquement des enseignants-chercheurs ?

Les relations presse, c’est un métier de réseau autant que de plume. Une formation où vous croisez de futurs journalistes, des responsables communication, des attachés de presse en exercice vous apportera autant par les contacts noués que par le contenu des cours. C’est souvent là que se joue la différence entre un cursus rentable et un investissement raté.

Pour aller plus loin sur les métiers de la communication et les débouchés associés, consultez notre article sur les métiers de la communication en entreprise — utile pour situer les relations presse dans un organigramme et comprendre avec qui vous travaillerez au quotidien.