« Communication » est l’un des mots les plus employés de la langue française — et paradoxalement l’un des moins bien définis quand on le questionne vraiment. On parle de communication interpersonnelle, de communication d’entreprise, de problèmes de communication dans un couple. Même mot, contextes radicalement différents. Alors, que recouvre exactement ce terme ?
Partir de la définition stricte du mot, c’est déjà éviter des années de malentendus professionnels ou académiques. Voici ce que la langue, les dictionnaires et les usages réels nous disent.
Définition du mot « communication »
Le sens fondamental
Le mot communication vient du latin communicatio, dérivé de communicare — verbe qui signifie « mettre en commun », « partager ». Cette étymologie dit déjà tout : la communication n’est pas une simple émission de signal, c’est un acte de mise en relation entre au moins deux entités.
Le dictionnaire de l’Académie française la définit comme l’action de communiquer, de transmettre quelque chose à quelqu’un. Large, certes. Les définitions opérationnelles vont plus loin en précisant qu’il s’agit d’un processus — avec un émetteur, un message, un canal, un récepteur et une boucle de retour (le fameux feedback). Ce modèle, formalisé par Shannon et Weaver en 1949, reste la référence de base dans tout cours de sciences de l’information.
💡 Notre conseil
Quand vous cherchez la définition d’un mot dans un contexte professionnel ou académique, croisez toujours au moins deux sources : un dictionnaire de langue généraliste (Larousse, TLFi) et une ressource spécialisée au domaine concerné. Les nuances de sens changent beaucoup selon le champ disciplinaire.
Les différents sens selon le contexte
Un même mot, plusieurs réalités. En français, « communication » fonctionne selon au moins quatre registres distincts :
- La communication interpersonnelle : échange entre individus, verbale ou non verbale, en face à face ou à distance.
- La communication de masse : transmission d’un message à un large public via des médias (télévision, presse, réseaux sociaux).
- La communication institutionnelle ou d’entreprise : ensemble des actions menées par une organisation pour construire et diffuser son image. C’est dans ce cadre que s’inscrivent des métiers comme le Chargée de Relations Presse : Maillon Clé de la Communication.
- La communication scientifique ou technique : transmission de données ou de signaux entre systèmes (informatique, télécommunications).
Ces sens ne sont pas interchangeables. Dire qu’une entreprise « a des problèmes de communication » ne signifie pas la même chose que dire qu’un réseau informatique a des problèmes de communication — même si la structure syntaxique est identique.
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grands registres de sens pour le mot « communication » en français contemporain
Synonymes et mots proches
Chercher les synonymes d’un mot, c’est affiner sa compréhension. Pour « communication », les principaux équivalents varient selon le sens retenu :
- Transmission — insiste sur le trajet du message, moins sur la relation.
- Échange — valorise la réciprocité, la dimension dialogique.
- Information — neutre, porte davantage sur le contenu que sur le processus.
- Message — désigne ce qui est transmis, pas l’acte lui-même.
- Liaison, contact — termes techniques, souvent utilisés en télécommunications.
Attention : « communication » et « information » sont souvent confondus dans le langage courant. L’information est le contenu ; la communication est le processus qui le fait circuler. Une subtilité que les professionnels du secteur, notamment en Webmarketing, connaissent bien — et qui change la façon de construire une stratégie.
✅ À retenir
Communication ≠ information. La communication implique un processus bidirectionnel entre au moins deux parties. L’information peut être unilatérale. Ce n’est pas du détail : toute stratégie de contenu, tout plan de com’, repose sur cette distinction.
Le mot dans la langue : orthographe, conjugaison et usage
Orthographe et formation du mot
« Communication » s’écrit avec deux m — piège classique pour les non-francophones. Le mot appartient à la famille du verbe communiquer, lui-même dérivé du latin communicare. Cette famille lexicale comprend : communiquer, communiquant, communicant, communicatif, communiqué.
La conjugaison du verbe « communiquer » suit le premier groupe, sans irrégularité. Je communique, tu communiques, il communique — rien de sorcier. Ce qui varie, c’est l’emploi : on communique quelque chose (complément d’objet direct) ou on communique avec quelqu’un (complément prépositionnel). Les deux structures coexistent en français sans confusion possible, contrairement à d’autres langues.
Expressions et collocations courantes
Un mot ne vit pas seul dans une langue. « Communication » apparaît dans des dizaines d’expressions figées ou semi-figées en français :
- Moyen de communication — outil ou canal utilisé pour transmettre un message.
- Plan de communication — document stratégique détaillant les actions, cibles et calendriers.
- Communication non verbale — tout ce qui passe par le corps, le regard, la posture.
- Communication de crise — gestion du message en période de tension ou de scandale.
- Défaut de communication — terme juridique et courant pour désigner un manque d’échange d’information.
- Sciences de la communication — discipline académique qui étudie les processus communicatifs.
« Le plus grand problème dans la communication, c’est l’illusion qu’elle a eu lieu. »
— Attribuée à George Bernard Shaw
Le mot dans les ressources linguistiques françaises
Les grandes ressources de la langue française traitent « communication » de façon assez homogène. Le Trésor de la Langue Française informatisé (TLFi) consacre une entrée détaillée au mot, avec plusieurs sous-entrées selon le registre. Le Larousse distingue cinq acceptions principales. La langue française académique n’a pas figé le sens — c’est un mot vivant, en expansion permanente depuis le XXe siècle avec la montée des médias et du numérique.
Un point notable : depuis les années 2000, le champ sémantique du mot s’est considérablement élargi. « Faire de la communication » désigne aujourd’hui autant le travail d’un attaché de presse que la gestion des réseaux sociaux d’une PME. La définition de dictionnaire reste stable ; les usages professionnels, eux, évoluent vite.
⚠️ À garder en tête
Le glissement de sens entre « communication » (processus) et « la com’ » (métier, secteur d’activité) crée des ambiguïtés fréquentes. Dans un CV ou une offre d’emploi, « expérience en communication » renvoie au secteur professionnel — pas à une compétence générique à échanger avec les autres.
Communication et disciplines : un mot carrefour
En sciences humaines et sociales
La sociologie, la psychologie et la linguistique ont chacune construit leur propre définition. Pour le sociologue Jürgen Habermas, la communication est avant tout un acte social orienté vers la compréhension mutuelle — ce qu’il appelle l’« agir communicationnel ». Pour le linguiste Roman Jakobson, elle suppose six composantes : émetteur, destinataire, message, contexte, code, canal. Ces cadres théoriques ne sont pas interchangeables et ne visent pas les mêmes objets d’étude.
Résultat : quand un étudiant en communication parle de « communication », il ne parle pas exactement de la même chose qu’un ingénieur en télécoms ou qu’un thérapeute familial. Le mot est le même ; le modèle sous-jacent diffère radicalement.
En marketing et stratégie d’entreprise
Dans le monde des organisations, « communication » renvoie à un ensemble d’actions délibérées visant à construire une image, influencer des comportements ou informer des publics cibles. On distingue généralement :
- La communication interne : vers les collaborateurs.
- La communication externe : vers les clients, partenaires, médias.
- La communication digitale : via les canaux numériques (réseaux sociaux, e-mail, SEO).
- La communication institutionnelle : pour asseoir la crédibilité et la réputation d’une organisation.
Ces catégories ne sont pas étanches. Une prise de parole du PDG sur LinkedIn, c’est à la fois de la communication interne (les salariés lisent) et externe (les clients et journalistes aussi). Cette porosité rend le pilotage stratégique de la communication plus complexe — et plus intéressant.
| 📘 Communication en sciences humaines | 📊 Communication en entreprise |
|---|---|
| Processus d’échange entre individus ou groupes. Approche descriptive et analytique. Étudie les mécanismes, les effets sociaux, les biais. | Ensemble d’actions planifiées pour atteindre des objectifs précis. Approche prescriptive et stratégique. Mesure le retour sur investissement. |
Maîtriser la définition de « communication », c’est finalement choisir son niveau de lecture : étymologique, linguistique, théorique ou opérationnel. Ces niveaux ne s’excluent pas — ils se complètent. Et c’est précisément ce qui fait du mot un pivot aussi central dans la langue française contemporaine.

